La néophobie alimentaire

La néophobie alimentaire est la réticence, voire le rejet à manger des aliments nouveaux. De 18 à 24 mois, votre enfant qui mangeait facilement et avec envie commence à repousser son assiette en disant "j’aime pas" ou en faisant non de la tête. Pas de panique ! C’est une phase normale du développement de l’enfant. Alors, comment se manifeste cette néophobie alimentaire, quelles en sont les causes et quelle attitude adopter ?

Comment se comporte l'enfant pendant cette phase? Votre bébé, qui mangeait de tout, commence soudainement à devenir difficile à table. Il est dans sa phase de néophobie alimentaire (rejet de tout nouvel aliment).

Un nouvel aliment Mais qu’est-ce qu’un aliment nouveau ? C’est un aliment que l’enfant ne reconnaît pas ou dont la texture est différente. Un enfant qui mange de la purée de carottes ne voudra pas manger des carottes râpées par exemple. Quelques brins de persil sur la purée de carottes suffiront même à provoquer un rejet complet de son assiette.

Cette étape débute entre 18 et 24 mois (dès 6 mois pour certains, mais c’est très rare) et peut durer jusqu’aux 5 ou 6 ans de l’enfant.


Comment cela se manifeste? Pendant les premières années de sa vie, l’enfant est en fait en pleine exploration. Tous ses sens sont en éveil, le goût, l’odorat, le toucher, la vue.

Un comportement qui se modifie Si une néophobie apparaît, son comportement à table se modifie :


  • Il détourne la tête quand la cuillère approche

  • Il refuse d’ouvrir la bouche

  • Il trie les aliments s’ils sont mélangés

  • Il mâche longuementIl recracheIl triture

  • Il observe

  • Il sent chaque aliment

Plusieurs niveaux de néophobie Il existe plusieurs niveaux de néophobie alimentaire :


  • Elle peut être quasi inexistante, ce qui est plutôt rare.

  • Elle peut être flexible (réticence à manger)

  • Elle peut être rigide (aucun nouvel aliment n’est accepté)

  • Elle peut évoluer vers une hyper-sélectivité alimentaire (alimentation très peu diversifiée)

Quelles en sont les causes? Cette néophobie s’explique par différents éléments.

L’individuation de l’enfant Cette étape est souvent concomitante à la phase du « non » de l’enfant. Aux alentours de ses 2 ans, l’enfant est en recherche d’autonomie. C’est le « terrible two ». L’enfant prend conscience qu’il existe par lui-même et peut faire des choix. Il souhaite donc maîtriser ses actions et ses décisions.

La recherche de sécurité L’enfant, pour grandir sereinement, a besoin de sécurité. C’est pour cela que les enfants adorent les routines et les rituels. Un enfant pourrait manger le même aliment tous les jours, il ne s’en lasserait pas.

L’entourage Les réticences de l’enfant sont plus ou moins importantes en fonction de la personne qui le nourrit (parent ou assistante maternelle)

Quelques conseils pour traverser cette étape du développement en douceur. Autour de la nourriture

  • Laisser l’enfant explorer la nourriture. Comme nous l’avons vu auparavant, tous les sens de l’enfant sont en éveil. Laissez-le expérimenter ce temps du repas : toucher, sentir, manger avec ses doigts…

  • Donner l’exemple. L’enfant adore imiter ses parents. Servez-vous devant lui. Il voudra certainement faire comme vous. Alors, n’ayez pas peur de varier votre alimentation !

  • Proposer systématiquement de goûter ce que vous lui donnez à manger. Au lieu de lui servir une grande quantité de nourriture, déposez un tout petit morceau dans son assiette et incitez-le à goûter. Le cerveau de l’enfant a besoin de goûter un nouvel aliment entre 5 et 10 fois avec de l’accepter.

  • Familiariser l’aliment. Associez toujours le nouvel aliment à des aliments qu'il connaît déjà. Il existe dans le commerce des assiettes à compartiments qui permettent de mettre différents aliments dans l’assiette sans qu’ils se mélangent. Les compartiments sont de tailles différentes pour respecter les portions de légumes, féculents et protéines.

  • Faire participer l’enfant à la préparation des repas. Associez votre enfant à ce temps de préparation. Le fait de manipuler les aliments les rendra beaucoup plus communs, et ils perdront de leur nouveauté.

  • Garder vos expériences culinaires pour plus tard. Vous avez envie d’essayer de nouvelles recettes, attendez un peu que l’enfant ait assimilé la nouveauté.

Autour du temps du repas

  • Créer un cadre serein et accueillant. Privilégiez un repas sans écran. Mettre son enfant devant un écran et lui enfourner une cuillère d’un nouvel aliment sans qu’il s‘en rende compte n’est pas la solution à long terme. Malheureusement cela ne fonctionnera qu’une seule fois ! Il deviendra de plus en plus méfiant.

  • Lâcher prise sur les repas. Ce n’est pas catastrophique si votre enfant mange très peu lors d’un repas. Chaque enfant a un appétit différent. Si votre pédiatre ne détecte aucun problème de croissance, laissez l’enfant manger ce qui lui convient.

  • Valoriser l’enfant. N’hésitez pas à faire des compliments de façon régulière. Si votre enfant ne mange pas sa part de brocolis mais a accepté de goûter le tout petit morceau que vous lui avez donné, félicitez-le.

Mais ne vous inquiétez pas, ce n’est qu’un passage. Si vous lui proposez régulièrement une alimentation diversifiée et équilibrée, et que vous la partagez, il n’aura aucun mal en grandissant à vous imiter !









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