8 erreurs de parents qui fragilisent la confiance en soi de leur enfant sans le vouloir
Dernière mise à jour : il y a 3 heures
« Mais si, tu es capable ! »
« Attends, je vais t'aider. »
« Ce n'est pas grave, je vais le faire. »
« Mais pourquoi tu n'as pas levé la main ? Tu connaissais la réponse ! »
Vous avez peut-être déjà prononcé l'une de ces phrases. Et toujours avec une bonne intention : aider votre enfant, le rassurer, l'encourager, lui éviter de souffrir ou d'échouer.
Pourtant, lorsqu'un enfant manque de confiance en lui, notre premier réflexe de parent est souvent d'en faire davantage.
Nous rassurons davantage.Nous encourageons davantage.Nous aidons davantage.Nous protégeons davantage.
Et si, parfois, il fallait justement faire… un peu moins ?
Car la confiance en soi ne se transmet pas à un enfant en lui répétant qu'il est capable.
Elle se construit à travers ce qu'il expérimente lui-même.
Alors, sans culpabiliser — nous faisons tous avec nos propres peurs et l'envie de protéger nos enfants — voici 8 erreurs très fréquentes qui peuvent fragiliser leur confiance en eux… alors même que nous pensions la renforcer.

1. Faire à sa place pour lui éviter de se tromper
Il met un temps fou à faire ses lacets.
Il hésite devant son exercice.
Il ne sait pas quoi répondre au serveur.
Il prépare son sac et vous voyez déjà qu'il va oublier quelque chose.
Alors vous intervenez.
Parce que vous savez faire. Parce que vous êtes pressé. Parce que vous voulez lui éviter une difficulté.
Sur le moment, c'est efficace.
Mais à force, votre enfant peut intégrer un tout autre message :
« Quand ça devient difficile, papa ou maman prend le relais. »
Et parfois même :
« Si on m'aide autant, c'est peut-être que je ne suis pas capable de le faire seul. »
La prochaine fois, essayez de vous demander :
« Est-ce qu'il a réellement besoin de mon aide… ou est-ce que j'ai du mal à le regarder chercher ? »
Vous pouvez rester disponible sans prendre le contrôle :
« Essaie et si vraiment tu bloques, je suis là. »
Votre rôle change alors : vous n'êtes plus celui qui fait à sa place, mais celui qui lui permet de découvrir qu'il peut faire sans vous.
2. Lui répéter « Mais si, tu es capable! »
Votre enfant vous dit :
« Je vais rater. »
« Je suis nul en maths. »
« Je n'ose pas y aller. »
Et votre réponse arrive immédiatement :
« Mais si ! Tu es capable ! »
C'est presque automatique.
Pourtant, votre enfant vient de vous dire ce qu'il ressent et nous lui répondons, en quelque sorte :
« Ce que tu ressens n'est pas juste. »
Essayez plutôt :
« Tu as l'air de vraiment douter de toi. »
« Qu'est-ce qui te fait penser que tu ne vas pas y arriver ? »
« Quelle serait la toute petite première étape que tu pourrais essayer ? »
Vous ne cherchez plus à le convaincre qu'il a confiance.
Vous l'aidez à construire les preuves qui lui permettront progressivement d'avoir confiance.

3. Trop le féliciter
Cela peut sembler paradoxal.
Pour donner confiance à un enfant, il faudrait arrêter de le féliciter ?
Pas exactement.
Mais toutes les félicitations ne produisent pas le même effet.
« Tu es génial ! »
« Tu es super intelligent ! »
« Tu es le meilleur ! »
Ces phrases font plaisir. Mais elles donnent aussi à l'enfant une information sur ce que nous pensons de lui.
Or l'objectif est progressivement de l'aider à construire ce que lui pense de lui-même.
Essayez les compliments descriptifs :
Au lieu de :
« Tu es super doué en dessin ! »
Essayez :
« Tu as passé beaucoup de temps sur les détails et tu as recommencé trois fois cette partie. »
Au lieu de :
« Bravo, tu es vraiment intelligent ! »
Essayez :
« Cet exercice était difficile et tu as cherché plusieurs solutions avant d'en trouver une. »
Vous déplacez son attention du jugement extérieur vers ses compétences, ses efforts et ses stratégies.
Et cela change énormément de choses.
4. Intervenir dès qu'il rencontre une difficulté
Voir son enfant en difficulté est inconfortable.
Nous avons envie de donner la réponse.
De souffler le mot.
De montrer comment faire.
De régler le conflit.
Mais entre le moment où votre enfant rencontre une difficulté et celui où vous intervenez, il existe un espace extrêmement précieux :
le moment où il cherche.
C'est là qu'il expérimente.
C'est là qu'il teste.
C'est là qu'il se trompe.
Et c'est surtout là qu'il peut découvrir :
« J'ai trouvé tout seul. »
Cette phrase-là construit beaucoup plus de confiance que dix « Bravo ! ».
Avant d'intervenir, attendez quelques secondes de plus.
Vous pourriez être surpris de ce qui se passe.

5. Chercher à faire disparaître sa peur avant qu'il agisse
« J'ai peur d'aller au stage. »
« J'ai peur de parler devant la classe. »
« Je ne veux pas aller à l'anniversaire, je ne connais personne. »
Notre réflexe est souvent de vouloir supprimer la peur.
Mais avoir confiance en soi ne signifie pas ne plus avoir peur.
Cela signifie progressivement apprendre :
« Je peux avoir peur ET essayer quand même. »
Il n'est donc pas toujours nécessaire d'attendre que votre enfant se sente totalement rassuré pour avancer.
Découpez plutôt la difficulté.
Quel serait le plus petit pas qu'il se sente capable de faire ?
Entrer cinq minutes ?
Dire simplement bonjour ?
Préparer sa première phrase ?
Essayer une fois ?
La confiance arrive souvent après l'action, pas avant.
6. Le comparer aux autres… même pour l'encourager
« Regarde ton frère, lui aussi avait peur avant. »
« Pourtant, tes copains y arrivent. »
« Tu dessines beaucoup mieux que ta sœur à ton âge. »
La comparaison semble parfois rassurante ou valorisante.
Mais elle apprend surtout à l'enfant à mesurer sa valeur à partir des autres.
Et le problème, c'est qu'il y aura toujours quelqu'un de plus rapide, plus sportif, plus populaire, plus à l'aise ou meilleur élève.
Essayez plutôt de le comparer… à lui-même.
« Il y a trois mois, tu ne voulais même pas essayer. Aujourd'hui, tu as tenté. »
« Tu te souviens comme cet exercice te semblait difficile au début ? »
L'enfant commence alors à regarder son propre chemin.

7. Confondre confiance en soi et réussite
Un enfant qui réussit tout n'est pas nécessairement un enfant qui a confiance en lui.
Parfois, c'est même l'inverse.
Certains enfants réussissent parce qu'ils ont terriblement peur d'échouer.
Ils travaillent énormément.
Ils veulent que tout soit parfait.
Ils évitent les situations dans lesquelles ils risquent de ne pas être les meilleurs.
Ils vivent très mal la moindre erreur.
Et nous pouvons passer à côté de leur manque de confiance parce que leurs résultats sont excellents.
La vraie question n'est donc pas seulement :
« Est-ce qu'il réussit ? »
Mais :
« Que se passe-t-il lorsqu'il ne réussit pas ? »
Peut-il se tromper sans s'effondrer ?
Peut-il recommencer ?
Peut-il demander de l'aide ?
Peut-il être débutant ?
Peut-il essayer quelque chose sans être certain de réussir ?
Voilà de bien meilleurs indicateurs de confiance en soi.
8. Ne pas savoir se taire au bon moment
C'est probablement l'un des outils les plus difficiles pour nous, parents.
Votre enfant hésite.
Vous avez la solution.
Vous savez exactement ce qu'il devrait faire.
Et pourtant…
vous vous taisez.
Pas parce que vous vous désintéressez de lui.
Mais parce que votre silence lui laisse un espace.
L'espace pour réfléchir.
Pour essayer.
Pour décider.
Pour trouver sa propre solution.
Pour demander de l'aide s'il en ressent réellement le besoin.
Parfois, accompagner son enfant consiste à parler.
Et parfois, la meilleure façon de l'aider est de résister à l'envie de l'aider.

Alors, comment réellement aider son enfant à avoir confiance en lui ?
Il n'existe évidemment pas de phrase magique.
La confiance se construit progressivement à travers des centaines de petites expériences quotidiennes.
Faire seul.
Se tromper.
Recommencer.
Prendre une décision.
Affronter une petite peur.
Résoudre un problème.
Découvrir qu'une erreur n'est pas une catastrophe.
Et surtout ressentir :
« Mes parents sont là si j'en ai besoin… mais ils pensent que je peux essayer sans eux. »
Notre rôle n'est donc pas de fabriquer la confiance de notre enfant.
Notre rôle est de créer les conditions qui lui permettront de construire la sienne.
Et cela demande parfois de changer des habitudes parentales profondément ancrées.
Car savoir qu'il faut « laisser son enfant essayer » est relativement facile.
Mais réussir à le faire lorsqu'il pleure, abandonne, se dévalorise, s'énerve ou nous supplie de faire à sa place…
C'est une autre histoire.
La méthode OSER : des outils concrets pour développer sa confiance au quotidien
C'est précisément pour cela que j'ai créé ma formation « Développer la confiance en soi de mon enfant », autour de la méthode OSER.
Pas pour vous promettre qu'en quelques jours votre enfant n'aura plus jamais peur ou ne doutera plus de lui.
Mais pour vous donner des outils très concrets pour savoir comment réagir dans ces petits moments du quotidien où sa confiance se construit… ou se fragilise.
Vous allez notamment apprendre à :
distinguer confiance en soi, estime de soi et image de soi ;
identifier ce qui fragilise réellement la confiance de votre enfant ;
utiliser des mots qui encouragent sans rendre dépendant du regard des autres ;
développer progressivement son autonomie ;
l'accompagner face à l'erreur et à l'échec ;
savoir quand intervenir… et quand vous effacer ;
utiliser des exercices adaptés à son âge ;
construire votre propre plan d'action pour les 30 prochains jours.
Parce que parfois, un tout petit changement dans notre posture de parent peut produire un grand changement dans la manière dont notre enfant se perçoit.
Vous bénéficiez de l'ensemble de la formation, des exercices, des fiches pratiques par âge et du workbook pour mettre progressivement les outils en application à la maison.
Votre enfant n'a pas besoin que vous lui répétiez toute sa vie qu'il est capable.
Il a besoin de vivre suffisamment d'expériences pour pouvoir, un jour, se le dire lui-même.




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