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TDAH et hérédité : pourquoi tant de parents découvrent leur propre TDAH après celui de leur enfant

infographie tdah et hérédité


Lorsqu’un enfant reçoit un diagnostic de TDAH, un grand nombre de parents se posent la même question, parfois avec inquiétude, parfois avec un mélange de lucidité et de surprise :« Est-ce que ça vient de moi ? »


C’est une question profondément humaine. Et c’est aussi une question légitime.Le TDAH est l’un des troubles neurodéveloppementaux les plus héréditaires. Cela signifie qu’il traverse souvent les générations, parfois de manière évidente, parfois de manière discrète, presque silencieuse.


Pour de nombreux parents, la découverte du TDAH chez leur enfant agit comme un miroir.D’un coup, leur propre enfance remonte. Leur façon de fonctionner au quotidien prend un sens nouveau. Leur fatigue, leurs difficultés à s’organiser, leurs émotions débordantes, leurs années de compensation… tout semble s’aligner.Non pas parce qu’ils ont “fait quelque chose de travers”, mais parce qu’ils ont, eux aussi, un fonctionnement neurodéveloppemental unique, souvent jamais identifié.


Comprendre cette hérédité, ce n’est pas chercher un responsable.C’est ouvrir une porte : une porte vers une meilleure compréhension de soi, de son enfant, et de la dynamique familiale entière.


TDAH et hérédité : comment la transmission influence la compréhension du parent



infographie gène

Un trouble neurodéveloppemental à forte composante génétique

Le TDAH n’apparaît pas par hasard dans une famille. La génétique y joue un rôle majeur.

Lorsque l’on observe un enfant TDAH, il est très fréquent que l’un des parents — parfois les deux — présente lui aussi un TDAH, qu’il soit diagnostiqué ou simplement “pressenti”.


Pourquoi le TDAH passe-t-il inaperçu chez les adultes ?

Pourtant, chez l’adulte, le TDAH se camoufle très bien. Il prend souvent la forme d’une charge mentale écrasante, d’un besoin de tout faire dans l’urgence, d’une difficulté à prioriser, d’un cerveau qui s’emballe trop vite ou trop fort. Beaucoup de parents vivent avec ces mécanismes depuis toujours. Ils les ont normalisés. Ils s’y sont adaptés. Ils ont même développé des forces incroyables pour compenser.Mais ces compensations ont un prix : l’épuisement.


Ce n’est donc pas étonnant que tant de parents découvrent leur TDAH après celui de leur enfant. L’enfant agit comme un révélateur de patterns familiaux qui existaient depuis longtemps, mais qui, faute d’explications, étaient interprétés comme du stress, un trait de caractère, ou un manque d’organisation.


Quand un parent TDAH élève un enfant TDAH : une dynamique particulière


Lorsque la génétique fait que parent et enfant partagent un même fonctionnement, la vie familiale prend une intensité supplémentaire.Le parent cherche à organiser la maison… alors que l’organisation lui coûte déjà beaucoup.L’enfant cherche à comprendre les consignes… alors que son attention s’évapore à chaque distraction.Le parent se fatigue rapidement… et l’enfant s’active rapidement.L’un se décourage, l’autre s’agite. L’un culpabilise, l’autre s’oppose.

Ce n’est pas une question de volonté.Ce n’est pas un manque de fermeté.Ce n’est pas un parent “débordé” face à un enfant “difficile”.


Une intensité familiale amplifiée par l’hérédité


C’est tout simplement la rencontre entre deux cerveaux TDAH, tous les deux sensibles, tous les deux intenses, tous les deux débordés par un monde qui ne fonctionne pas comme eux.

Comprendre l’hérédité du TDAH dans la famille permet alors d’adopter un autre regard : un regard plus doux, plus lucide, moins culpabilisant.On cesse de se dire « je n’y arrive pas », pour commencer à se dire :« Je comprends enfin comment nous fonctionnons, et je peux adapter notre quotidien. »


TDAH et hérédité: comment vivre avec cette hérédité et retrouver un quotidien plus serein ?



un père et son fils ado qui sourient

Reconnaître son propre fonctionnement pour mieux avancer


La première étape consiste à reconnaître son propre fonctionnement.Non pas pour s’en excuser, ni pour s’auto-diagnostiquer en ligne, mais pour comprendre que votre cerveau ne traite pas l’information comme celui d’un parent neurotypique. Vous n’êtes pas “moins efficace”, vous n’êtes pas “ailleurs”, vous n’êtes pas “désorganisé par nature”.Vous avez simplement besoin d’un environnement adapté, d’un cadre clair, et d’outils qui respectent votre façon de penser.


Lorsque le parent accepte cette réalité, tout change.Les routines deviennent plus simples. Les attentes deviennent plus réalistes. Les conflits se réduisent, parce que chacun sait désormais comment doser son énergie.Vous ne cherchez plus à être parfait(e). Vous cherchez à être cohérent(e) — et c’est exactement ce dont un enfant TDAH a besoin.


Simplifier le quotidien devient alors une stratégie centrale.


Créer des repères visuels, instaurer des rituels clairs, annoncer les transitions à l’avance, réduire les sources de surcharge… autant d’actions qui apaisent autant l’enfant que le parent.Les deux respirent davantage.Les deux comprennent mieux ce que l’autre vit.Les deux se sentent moins seuls dans leurs efforts.


Vivre avec un TDAH — le sien ou celui de son enfant — ne signifie pas vivre en lutte permanente.C’est apprendre à réduire les frictions, à s’appuyer sur ses forces, et à se donner les moyens de tenir dans la durée.



Conclusion : l’hérédité du TDAH n’est pas une fatalité, c’est une clé de compréhension puissante


La génétique ne définit pas votre avenir, ni celui de votre enfant.Elle éclaire simplement un chemin qui était déjà là, parfois enfoui, parfois trop flou pour être compris.

Découvrir que le TDAH est héréditaire peut être une onde de choc… mais c’est aussi une étape fondatrice.C’est l’occasion de regarder sa parentalité avec plus de bienveillance, plus d’intelligence émotionnelle et beaucoup plus de réalisme.

Vous n’êtes pas responsable de l’hérédité.Mais vous êtes responsable de la façon dont vous décidez d’accompagner votre enfant — et de vous accompagner vous-même.

Et c’est justement là que tout devient possible.

 
 
 

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